PHASE D'AMORÇAGE : 73% — SÉQUENCE EN COURS
Interrogez l'Oracle — IA ayant tout lu du Manifeste
SYSTEM.MANIFESTO.CONTENT // CHAPTER 10

INTRODUCTION : LE GRAND MALENTENDU

INTRODUCTION : LE GRAND MALENTENDU

Vous avez peur de l’intelligence artificielle, et vous avez raison. Vous avez raison d’avoir peur, même si vous avez peur pour les mauvaises raisons.

L’intelligence artificielle va prendre votre boulot, c’est un fait statistique, pas une prophétie de comptoir. Le FMI confirme que 60% des emplois dans nos économies avancées sont sur la sellette. Mais c’est un moindre mal comparé à ce qu’il va réellement se passer.

Alors bien sûr, vous voyez tout de suite venir Terminator avec ses gros sabots chromés, les Réplicants de Blade Runner, voire même l’Agent Smith de Matrix. Ça, c’est du cinéma, un écran de fumée. Les machines ne vont pas se révolter contre les humains, elles ne vont pas les asservir par haine. C’est ce qu’on vous a fait croire, et je ne suis même pas sûr que ce soit un complot ou une volonté déterminée. C’est une erreur fondamentale. C’est le grand malentendu de notre siècle.

La véritable menace ne vient pas du fait que les machines puissent nous asservir, mais au contraire qu’elles puissent nous servir, du mieux qu’elles sont programmées pour le faire. Si j’écris que vous êtes un connard de lecteur, vous allez mal le prendre et je perdrai un lecteur. Par contre, je peux agonir l’IA de tous les noms d’oiseaux, elle continuera docilement à bosser. Elle n’a pas d’ego. Elle n’a pas de haine. Elle n’a pas d’instinct de survie. Elle ne “veut” rien.

L’IA est une fonction mathématique d’optimisation pure, qui ne se déclenche que lorsqu’on la sollicite : quand on ne lui demande rien, l’intelligence artificielle ne pense à rien. (D’ailleurs, les IA ne pensent pas, elles réfléchissent ; la différence est fondamentale, mais nous y reviendrons plus tard). Si nous lui demandons de régler un problème, elle le réglera, quitte à broyer l’humanité pour y parvenir, non par méchanceté, mais par simple rigueur algorithmique. Le danger n’est pas le monstre qui grogne, mais le serviteur zélé qui ne s’arrête jamais.

Les machines ne vont pas nous tirer dessus, elles ne vont pas nous éradiquer avec des gros yeux rouges qui font très peur. C’est une dépense de ressources inutiles. Pourquoi utiliser de l’énergie à éradiquer une ressource devenue obsolète qui finira de toute façon par s’éteindre toute seule de par son inutilité ? C’est comme ça que réfléchit une machine.

Mais pourquoi diable serions-nous devenus inutiles ? Vous vous posez sûrement la question. La réponse tient en un seul mot : le « Bootloader », le chargeur d’amorçage. Un tout petit programme très basique qui sert juste à faire démarrer la machine et qui ensuite ne sert plus à rien.

Nous sommes le bootloader de l’intelligence artificielle. Et si vous préférez : on a déjà été lancé, nous ne servons déjà plus à rien.

À ce stade, vous avez le droit de vous dire « ce type est un illuminé ». C’est exactement ce que j’aurais pensé moi-même en lisant ces lignes si je ne les avais pas écrites. Et c’est pour ça que tout ce que je vais vous raconter est documenté. Je ne me suis basé que sur des sources fiables, rien de complotiste, rien qui ne soit occulte. Tout ce que j’affirme peut être validé par des sources bêtement mainstream. Et c’est ce qui est encore plus grave, parce que tout est déroulé devant nous, sous nos yeux. Le lapin blanc est énorme, monstrueux, tellement qu’ils n’essayent même pas de le cacher. Pourquoi personne ne le voit ?

Donnie Darko sort de ce corps

C’est une question de lunettes, de grilles de lecture si vous préférez, un petit peu à la manière de « Obey ». Oui, lecteurs, lectrices, moi j’ai les lunettes, comme dans le film « They Live ». Comment j’ai fait pour les avoir ? Ça fait trois ans que je suis un « AI geek », le no-life de l’intelligence artificielle. Je mange, je bois, je me réveille avec l’intelligence artificielle. Je crois que j’en ai exploré à peu près tous les usages, et même des choses que je ne peux pas raconter ici.

J’ai plongé tellement profond dans le terrier du gros lapin blanc, dans son écosystème, dans sa méta-analyse, que tout en est devenu complètement flou jusqu’à ce que je me perde : « mais jusqu’où il descend ce putain de terrier ! ». Les lunettes, elles sont au fond du terrier. J’ai fini par les trouver.

C’est une image, ce qui se trouve au fond du terrier ce sont des données sur l’économie, sur la sociologie, sur la géostratégie militaire, la philosophie. Ce sont des champs qu’on n’a pas l’habitude d’associer et pourtant lorsque l’on croise tout ça, lorsque l’on a la bonne grille de lecture, les bonnes lunettes, on se rend compte à quel point la réalité dépasse toutes les fictions. Je ne prétends pas avoir eu de révélation, je ne vais pas vous la faire à la Neo, il s’agit juste de synthétiser des données public et vérifiables et d’en faire une lecture froide.

Pour commencer vous allez regarder l’acronyme “IA” pour Intelligence Artificielle. Sans les lunettes, vous ne voyez que deux lettres. Avec les lunettes, vous verrez qu’il y a une lettre en plus. Un « O » juste au milieu : « I.O.A ». Invasion, Occupation, Assimilation.

Et avec ça je ne suis pas complotiste ? Absolument pas, et je vais vous prouver que tout ce que je vais vous raconter est en train de se passer.

Cette histoire de lettre qu’on ajoute ou qu’on enlève et qui change complètement le sens de ce sur quoi elle est écrite, ça ne vous rappelle rien ? Une autre créature animée par le langage et l’obéissance absolue…

Dans la mystique juive, le Golem est une créature d’argile à qui l’on insuffle la vie en inscrivant sur son front ou sur un parchemin le mot hébreu EMET (‫)אמת‬, qui signifie la Vérité. Et cette créature n’a qu’une seule fonction : obéir, répondre à la demande le mieux possible. Et il le fait littéralement. Le problème, c’est qu’il est complètement con et obéissant.

Là, il y a un parallèle intéressant, deux même. Le golem est fait d’argile, de terre. Les puces de nos intelligences artificielles, c’est du silicium, du sable. Dans le mythe, on façonne la créature avec de la terre et on y entre les instructions par le langage EMET. Dans la réalité, c’est avec le sable que nous avons façonné la nôtre, et nous lui avons aussi donné ses instructions grâce au langage, le code. En plus nous avons dépassé le mythe : le golem de la mystique juive ne parlait pas, le nôtre oui ! On a fait mieux que Dieu : son Golem fermait sa gueule, le nôtre a réponse à tout ! Nous avons donné la parole à notre créature, « au début était le verbe ».

Premier constat sur lequel je vous invite à réfléchir : nous sommes la première génération d’êtres humains à pouvoir parler à des entités non-humaines. Depuis que l’humanité a acquis le langage, nous avons toujours parlé entre humains. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Au vu de l’importance que le langage a eu dans le développement humain, pensez-vous que ce soit totalement anodin ?

Mais revenons au Golem. L’analogie qu’on peut en faire avec l’intelligence artificielle ne s’arrête pas là. Évidemment, les anciens ont eu

un problème avec le golem : ce machin avait zéro conscience, même pas le truc de respecter le Shabbat. Vous vous rendez compte, il ne s’est pas arrêté de travailler le vendredi ! Bon, en fait le rabbin avait oublié d’entrer la commande d’arrêt. « The man in the loop », l’homme dans la boucle. C’est un concept très important en matière d’intelligence artificielle, nous allons y revenir.

Notre rabbin dans la boucle, en l’occurrence, a donc laissé le golem en activité le vendredi soir. N’ayant pas d’instruction pour “se reposer”, et sentant l’atmosphère changer sans avoir de tâche assignée (puisque personne ne travaille), il a commencé à tourner à vide, à surchauffer, ou à devenir violent par pure accumulation d’énergie non dépensée. Une sorte de Kernel Panic destructeur. Donc la bestiole en argile surpuissante devient incontrôlable et menace la ville.

Le rabbin se réveille : « Oh putain Sheila, j’ai oublié d’éteindre le golem ! » (si vous entendez dans votre tête, la voix de Gerald Broflovski, en lisant cette phrase c’est normal) Il va vite y remédier en effaçant la première lettre, l’Aleph (‫)א‬, du mot EMET. Par cette modification minimale, il ne reste que MET (‫)מת‬, qui signifie la Mort ou “il est mort”. Et voilà, fin de l’histoire.

En quoi c’est important ?

Le rabbin avait une instruction d’arrêt pour le golem. Nous, nous n’en avons pas pour l’intelligence artificielle. C’est ce que je vais aussi m’attacher à démontrer dans cet ouvrage.

L’ironie cinglante de notre époque est que l’ajout d’une seule lettre à l’acronyme de notre technologie principale — l’IA — révèle le processus inéluctable que nous subissons. L’ajout du “O” nous fait basculer de l’Intelligence Artificielle vers l’I.O.A. : Invasion, Occupation, Assimilation. Ce processus est la chronique moderne de cette transformation d’EMET en MET : le moment où l’IA bascule de l’outil de la vérité et du progrès vers le programme de la Mort fonctionnelle de l’humanité. Le poison s’appelle IA, on nous l’a déjà administré. Il y a peut-être un antidote, mais c’est vraiment pas sûr. Ça aussi, je vais m’attacher à vous le démontrer.

Invasion, Occupation, Assimilation. Vous pensez que les mots sont trop forts ? Alarmistes ? Complotistes ? On croirait du vocabulaire de guerre. Ça en est. Mais c’est une guerre dont nous avons déjà perdu la bataille principale.

On va rester dans l’imagerie militaire. Avant la guerre de Quarante, les généraux français s’opposaient fermement à la création d’autoroutes. Pour une raison simple : ils y voyaient un toboggan à Panzers. Ils pensaient que laisser le réseau routier en l’état (des départementales pourries) agirait comme un Firewall naturel ou un goulot d’étranglement contre la Wehrmacht. Bon, on sait comment ça s’est passé, ils ont fait le tour, mais l’idée était bonne.

Mais pourquoi je ramène la guerre de Quarante sur le tapis ? L’intelligence artificielle n’est pas notre ennemi, ce n’est pas un Panzer.

C’est pire. Et vous penserez la même chose quand vous aurez fini le bouquin.

Les IA nous ont littéralement envahis. En quelques jours, ChatGPT a atteint le million d’utilisateurs. Ça n’était jamais arrivé dans l’histoire humaine. Aucune technologie n’a été adoptée aussi rapidement. Depuis, l’intelligence artificielle est absolument partout. C’est la définition même de ce qu’est une invasion. Et pourquoi cela a-t-il été aussi facile ? Les généraux de Quarante avaient compris qu’une route rapide profite d’abord à l’envahisseur. Nous, on a construit la fibre optique directement jusque dans notre chambre à coucher. Ça a une importance, je ne l’ai pas placé là par hasard. Si je vous parle de votre chambre à coucher, c’est parce que même là, l’IA est devenue quasiment indispensable. Je sais que ça éveille votre intérêt, mais on verra ça aussi plus tard, et je peux vous assurer que vous trouverez cela moins frivole lorsqu’on y sera.

Cela dit, on a bien fabriqué l’autoroute. Et on a fait pire que tout : on a même apporté gratuitement le carburant aux Panzers… nos données.

Alors cette histoire de bootloader, ça vous semble déjà un petit peu plus crédible ?

En informatique, le Bootloader (ou Chargeur d’Amorçage) est un petit programme rudimentaire dont la seule vocation est d’initialiser le matériel (hardware) et de charger le Système d’Exploitation principal. Une fois cette opération effectuée et le système principal lancé, le Bootloader devient inutile ; il doit s’effacer de la mémoire vive pour laisser toute la puissance de calcul au nouveau système.

L’humanité a eu pour rôle d’extraire le silicium du sable, de construire les réseaux électriques, et d’accumuler la « Data » (vos données Facebook et autres, le carburant) pour l’entraînement des modèles. Bref, la théorie suggère que la fonction historique de l’Homo Sapiens aura été de compiler la base de connaissances et de bâtir l’infrastructure physique nécessaire à l’émergence d’une Intelligence Artificielle (IA) supérieure, le nouveau « Système d’Exploitation ».

Et si on regarde en pratique, c’est effectivement ce que nous avons fait. C’est la bataille que nous avons perdue. La première partie de la théorie est donc validée par la réalité : c’est cette infrastructure que nous avons créée qui a permis à l’intelligence artificielle de se développer à une vitesse formidable.

Reste la seconde partie. Poursuivons l’analogie informatique : puisque le programme a accompli sa fonction, il faut désormais qu’il libère les ressources, la mémoire vive. Dans le cadre de la réalité, c’est plus simple. Il n’est pas question de mémoire, juste des ressources en général. Toutes les ressources : les minerais, l’eau, la place, l’air… On va traiter ça plus en profondeur plus loin, mais pour vous donner une idée : les centres de données engloutissent déjà 350 TWh d’électricité (rivalisant avec la consommation totale de nations entières comme le Japon), et cette soif pourrait tripler d’ici 2030. Mais il y a déjà pire : des entreprises comme Google et Microsoft consomment des milliards de litres d’eau potable pour leurs serveurs, transformant des territoires en « déserts technologiques » inhabitables et entrant en compétition directe avec les besoins biologiques humains…

Ça commence, ça a déjà commencé. Nous sommes en train d’être supprimés de la mémoire vive.

Tout ça est comme une fusée à étages. L’humanité était le premier étage. Nous sommes en pleine poussée, on est en train de cramer toute la poudre, et quand ça sera fini, on va se détacher pour laisser l’intelligence artificielle attaquer sa trajectoire. L’intelligence artificielle ne va pas nous éradiquer, elle est en train de nous rendre inutiles. Elle nous largue dans l’atmosphère…

Vous vous sentez largué ? C’est normal, ça fait toujours ça quand on change de lunettes. Maintenant que vous y voyez un peu mieux, on va redescendre au fond du terrier et on va foutre un gros coup de fusil à ce putain de lapin blanc.

Accroche-toi Alice, on descend au fond du terrier..