Codé en Dur
Termites, fourmis, ascidie : la nature program ses créatures sans leur demander leur avis. L'IA fait pareil avec nous. …
[ LIRE L'ANALYSE ]Les termites, ce sont ces micro-décisions algorithmiques qui rongent en silence la charpente de votre vie. Pas de révolution, pas de coup d’éclat : juste une lente dégradation de votre souveraineté, brique par brique, jusqu’à ce que l’édifice s’effondre et que vous vous retrouviez au milieu des décombres en vous demandant ce qui s’est passé. L’IA ne vous attaque pas, elle vous grignote.
Concrètement, le concept désigne un processus d’érosion progressive de l’autonomie individuelle par des choix algorithmiques répétés et discrets. Chaque décision prise par un système automatisé, prise isolément, paraît mineure ou anodine. Leur accumulation, en revanche, modifie durablement les conditions d’existence et les marges de manœuvre d’une personne. L’effet n’est ni spectaculaire ni immédiat, mais il est cumulatif. La métaphore du termite rend compte de cette action souterraine et continue, qui fragilise les structures sans signalement préalable.
Ce que ça engage : le concept entretient une relation de construction avec « Cathedrales (Concept) » et « Phenotype Etendu (Concept) », dans la mesure où ces micro-décisions participent à l’édification d’environnements structurants. Il est également lié à « Regle (Concept) », que les termites suivent dans leur exécution. Enfin, « Phenotype Etendu (Concept) » le concerne, car cette dégradation silencieuse s’inscrit dans le prolongement des artefacts et des systèmes que les humains produisent. L’article « Codé en Dur — Cassandria » explicite ce parallèle : la nature programme ses créatures sans consentement, et l’IA procède de même à l’égard des individus.