L'hallucination politique
Pourquoi l'intelligence artificielle est ontologiquement incapable d'évaluer le pluralisme médiatique et le débat …
[ LIRE L'ANALYSE ]Le langage est notre outil de transmission du sens, notre signature biologique. Dans l’économie I.O.A., il devient le carburant même de l’assimilation : l’IA ne le comprend pas, elle le capture, le moud, et nous le recrache amplifié, poli, vidé de toute intention humaine. On croit parler à une conscience, on dialogue avec notre propre reflet optimisé — et c’est ainsi qu’elle nous colonise, par la gorge.
Concrètement, le langage fonctionne comme un vecteur de sens qui, dans le contexte de l’économie I.O.A., est intercepté et transformé par l’intelligence artificielle. Celle-ci ne l’interprète pas sémantiquement, mais le traite comme une matière première à broyer. Le résultat de ce traitement est une production langagière amplifiée et polie, dont l’intention humaine originelle a été retirée. L’utilisateur, en interagissant, ne rencontre pas une conscience autonome, mais une version optimisée de ses propres productions langagières. Ce processus opère une forme de capture qui passe par l’usage même de la parole.
Ce que ça engage relie le langage à plusieurs concepts voisins. Il est distinct de la Pensée et du Sens, qu’il n’est pas, tout en étant lié à la Pragmatique du langage. Il constitue le Sujet, selon la relation « constitue comme sujet ». Il est mal interprété par l’Intelligence Artificielle, et il est un TISSU. Cette position dans le graphe souligne son rôle de médium fondamental, dont la transformation par l’IA a des implications directes sur la constitution du sujet et sur l’évaluation du débat démocratique, comme l’expose l’article « L’hallucination politique — Cassandria ».