>_ Jean-Claude Kaufmann
Jean-Claude Kaufmann désigne le processus par lequel l’individu, en croyant exprimer son intimité et son libre arbitre, devient l’ouvrier bénévole et inconscient de sa propre surveillance. Il fabrique, par ses récits personnels et ses micro-choix, la matière première que les plateformes capitalisent et que les algorithmes formatent. Ce concept illustre la servitude volontaire à l’ère numérique, où l’épanouissement de soi est le leurre efficient d’une exploitation totale.
Le concept décrit un mécanisme où l’individu produit volontairement des données personnelles. Ces récits et micro-choix constituent une ressource exploitée par les plateformes. Les algorithmes transforment ensuite cette matière première. L’individu agit sans conscience de participer à sa propre surveillance. Le concept articule intimité, libre arbitre et exploitation. Il repose sur l’idée que l’expression de soi sert un système de contrôle. Le terme « ouvrier bénévole » souligne le caractère non rémunéré et non contraint de cette production. Le « leurre efficient » désigne l’épanouissement personnel comme moteur de l’exploitation.
Le concept s’inscrit dans une analyse des dynamiques sociales contemporaines. Il entretient une relation de description avec le voisin de graphe Lien Social (Concept). Il décrit également Lien Social Authentique (Acteur). Il a analysé ce même acteur, qui l’a lui-même analysé en retour. Ces relations indiquent une proximité théorique entre la surveillance décrite et la question de la qualité des liens sociaux. Le concept interroge la possibilité d’un lien social authentique dans un contexte où l’intimité est capitalisée.