La Guerre des Récits
12 février 2026, Lyon. Un homme meurt. En 48 heures, deux camps ont construit deux vérités incompatibles à partir du …
[ LIRE L'ANALYSE ]Fascisme. Dans l’ère numérique, il désigne moins l’État totalitaire classique que la fusion délétère d’un capitalisme de surveillance prédateur et d’un pouvoir politique abdiquant sa souveraineté au profit des plateformes. C’est le logiciel autoritaire de la servitude, désormais optimisé par l’extraction de données et la dépendance au silicium.
Concrètement, ce concept décrit un régime où l’infrastructure technique des plateformes remplace les appareils répressifs traditionnels. Le pouvoir politique y délègue sa capacité de contrôle à des acteurs privés dont le modèle économique repose sur l’extraction de données. La servitude n’est plus imposée par la force physique, mais par une dépendance matérielle au silicium et aux systèmes de surveillance. L’autoritarisme s’exprime dans la gestion algorithmique des populations, sans recours apparent à la violence d’État.
Ce que ça engage : ce fascisme numérique s’articule directement avec l’article lié « La Guerre des Récits — Cassandria ». Dans ce cas documenté, la production de deux vérités incompatibles à partir d’un même événement illustre le mécanisme de contrôle décrit ici. La fusion entre capitalisme de surveillance et pouvoir politique trouve sa traduction concrète dans la capacité des plateformes à structurer des récits antagonistes, rendant caduque toute souveraineté sur la vérité factuelle.