L'Idiocracy est déjà là
QI en baisse, attention effondrée, expertise discréditée : le diagnostic est posé. Le film n'était pas une dystopie. …
[ LIRE L'ANALYSE ]Environnement numérique : l’écosystème techno-politique contemporain où l’infrastructure matérielle (silicium) et immatérielle (algorithmes) constitue un nouveau territoire souverain, capturé par des seigneurs corporatistes. Cet habitat, qui phagocyte l’intime et dissout les prérogatives étatiques, est le socle d’un féodalisme computationnel où l’utilisateur est à la fois serf, produit et monnaie d’échange.
Cet environnement désigne un cadre opératoire où l’utilisateur évolue dans un espace structuré par des dispositifs techniques. Il agit comme un territoire dont la souveraineté échappe aux institutions politiques classiques. L’utilisateur y occupe une position subalterne : il est exploité comme ressource, sa production de données et son attention étant intégrées au fonctionnement du système. L’environnement absorbe des dimensions privées de l’existence, réduisant la portée de l’action étatique. Il fonctionne sur un modèle de dépendance structurelle, où les rapports de pouvoir sont comparables à des relations de vassalité.
Ce concept engage des relations causales et structurelles avec plusieurs notions voisines. Il « cause » les phénomènes décrits par Intelligence moyenne, Baisse de L’intelligence, Baisse du QI et QI, en tant que facteur de dégradation cognitive. Il « favorise » le Scroll, qui constitue un mécanisme d’absorption attentionnelle. Il « remplace » la Pensee Complexe, en imposant un mode de traitement de l’information incompatible avec celle-ci. Il « fait partie de » Internet, dont il constitue une strate d’organisation politique et économique.